Les Pyrénées-Orientales disposent d’une offre d'activités extraordinairement variées : Mer et hauts sommets montagnards, mais pas que ! À mi-chemin, l'arrière-pays mérite plus qu'un détour, un VRAI séjour ! (Article tiré du commentaire de notre vidéo disponible ci-dessus).

L’Agence de développement touristique du département associée au Syndicat Canigou Grand Site souhaitent mettre en avant des attraits touristiques moins connus donc moins courus, à mi-chemin entre le littoral et les hauts sommets, autour du Pic du Canigou la montagne sacrée des Catalans.

Entamons notre périple dans l’arrière-pays par les Gorges de la Fou à proximité d’Amélie-les-Bains. Un itinéraire de 1,7 kilomètres nous promet une belle et rafraîchissante immersion. Pendant des centaines de milliers d’années, la Fou a creusé patiemment ces gorges qui, dit-on ici, seraient les plus étroites du monde : 80 centimètres par endroits. Pour vous y aventurer, vous devrez vous équiper d’un casque (fourni sur place évidemment) malgré les protections anti-chute de pierres qui protègent le parcours. Alors que la canicule sévit sur une majeure partie de la France en ce mois de juin 2017, la température ambiante y est de 15-16°C. Un pur bonheur pour le corps et pour les yeux, tant chaque méandre nous réserve son lot de surprises, de concrétions et de rochers suspendus au dessus de nos têtes.

Plus tard, nous sommes attendus à Prunet-et-Belpuig pour y vivre une expérience originale qui devrait séduire celles et ceux qui ne veulent pas passer leurs journées à crapahuter en plein cagnard : La rando-croquis. Comme son nom l’indique, il s’agit ici de randonner en s’accordant quelques heures de halte pour dessiner et peindre. Stéphane Forel, Accompagnateur en Montagne et artiste-peintre, prodigue ses conseils aux débutants tout en nous faisant partager sa passion du terroir, de ses paysages et de ses habitants.

Le lendemain, passage obligé du côté d’Ille-sur-Têt pour découvrir un paysage surprenant. Non, il ne s’agit pas d’une carrière d’extraction de marbre ou de granit mais bien de Cheminées de Fée improprement baptisées ici : Les Orgues d’Ille. Comme en Cappadoce en Turquie, les précipitations ont sculpté le piedmont au fil des siècles. Les roches solides ont protégé les plus friables, comme des chapeaux protecteurs.

Les curiosités naturelles ne constituent pas les seuls centres d’intérêt des balcons du Canigou parsemés de villages pittoresques et d’édifices religieux de belle grâce. Voici quelques images du Prieuré de Marcevol localisé à mi-chemin entre Prades et l’Ille-sur-Têt, avec le Canigou en ligne de mire. Ce lieu d’hébergement saisi au levé du soleil, accueille les groupes dans un cadre enchanteur au confort sommaire mais où rien ne manque. À quelques kilomètres de là, nous rejoignons l’Abbaye Saint-Michel de Cuxa (prononcez Coucha), chef-d’œuvre de l’Art roman des XIe et XIIe siècles. Vouée à disparaître, elle fut finalement sauvée par celui qui s’apprêtait à la dépouiller de toutes ses richesses : le sculpteur américain George Barnard. Une partie du cloître a été reconstituée en 1955 avec les chapiteaux d'origine. L’Abbaye présente une curiosité architecturale remarquable : Une crypte circulaire qui s’organise autour d’un pilier central. L’endroit est touchant et envoûtant.

Nous finirons notre journée à Vernet-les-Bains, charmante station thermale d’un millier d’âmes qui se prépare à fêter la Saint-Jean, un moment clé de la tradition catalane. La veille, les Catalans convergent par dizaines vers le sommet du Canigou pour y régénérer la flamme de l’Amitié et du Partage qui redescendra alors vers tous les hameaux, villes et villages de la région pour y embraser les bûchers dressés. En fin d’après-midi, les habitants se réunissent pour danser sur des musiques traditionnelles. À la nuit tombée, les enfants convergent en procession vers la place du marché pour allumer une vasque pleine de bois. Puis, un peu plus tard, distribution générale de fougasse et de muscat. Les plus jeunes seront autorisés à sauter au dessus du brasier pour apprendre la discipline et le respect mutuel. Comme quoi jouer avec le feu s’avère ici un rite de socialisation et de respect des traditions.

Nous conclurons notre itinéraire catalan avec le Fort Libéria, remarquable citadelle édifiée sous les ordres de Vauban. Le génial ingénieur architecte de Louis XIV a, une fois de plus, imaginer ce perchoir imprenable aux confluences de la Têt et du Cadi. Il avait pensé à tout, notamment à préserver la vie des soldats assiégés. Les remparts de pierres sont surhaussés de briques (que l’on aperçoit ici), Vauban ayant constaté que les projections d’un obus tiré dans la brique causaient moins de blessures que dans la pierre.

Son projet initial prévoyait la construction d’un souterrain reliant le fort au village de Villefranche-de-Conflent situé 200 mètres plus bas. Il faudra attendre Napoléon III pour le voir réalisé : 700 marches à monter ou descendre, selon, relient aujourd’hui encore la citadelle au charmant bourg médiéval, lui aussi fortifié sous Vauban.

Nous laisserons le mot de la fin à notre hôte Florian Chardon, Directeur de Canigou Grand Site, le syndicat en charge de la mise en valeur d’un patrimoine naturel, culturel et historique remarquable trop souvent ignoré des estivants qui privilégient le balnéaire ou les hauts sommets au risque de s’entasser, alors que l’arrière-pays est si paisible.

==> Deux haltes sympathiques :

- Le charmant village de Montferrer à proximité des Gorges de la Fou, et son restaurant rural Le Diamant Noir.

- Le Bistrot de L'Union à Fillols à proximité de Villefranche-de-Conflent. Un café, restaurant, épicerie, point presse, poste et fax… où il fait bon vivre.

==> Plus d'infos : www.canigo-grandsite.fr

Yves Barraud - Toptrip.tv pour ClassTourisme

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